Alimentation

Les besoins spécifiques en alimentation des chiens de grande taille

Par Maxime
5 minutes

Comprendre les particularités nutritionnelles d’un grand chien


Vivre avec un chien de grande taille, qu’il s’agisse d’un berger allemand, d’un golden retriever, d’un cane corso ou d’un terre-neuve, implique bien plus que des balades XXL et un panier renforcé. Leur alimentation influence directement leur croissance, leur espérance de vie et leur bien-être au quotidien. Au-delà des croquettes “taille maxi” ou des pâtées “spécial race géante”, chaque étape de la vie impose des choix diététiques précis. Découvrons, point par point, comment répondre à ces besoins spécifiques pour offrir à votre compagnon la santé qu’il mérite.


Chien de grande race : qu’est-ce qui change vraiment ?


Un chien de grande taille, selon les vétérinaires, est généralement un animal adulte de plus de 25-30 kg — voire 40 kg pour les races géantes comme le saint-bernard ou le dogue allemand. Leur développement, leur métabolisme et leur structure osseuse les différencient nettement des chiens de plus petit format, ce qui fait varier leurs besoins nutritionnels :


  • Croissance prolongée : certains atteignent leur taille adulte vers 18 à 24 mois, là où un petit chien est mature à 10-12 mois.
  • Sensibilité digestive accrue : le transit intestinal est souvent plus lent, avec un risque de troubles digestifs (diarrhées, ballonnements, torsion d’estomac).
  • Soutien ostéo-articulaire : le poids important pèse sur les articulations et demande un équilibre précis du calcium, du phosphore et des nutriments articulaires.
  • Besoins énergétiques modulés : un grand chien a besoin d’énergie, mais en trop grande quantité, elle peut entraîner surpoids et fatigue cardiaque.

La croissance, étape la plus critique


La croissance d’un grand chien est un marathon : elle dure au moins 18 mois, voire 24 mois pour les plus lourds. Pendant cette période, tout excès ou déséquilibre peut provoquer des problèmes irréversibles (malformations osseuses, dysplasies, troubles de croissance).


  • Modération énergétique : contrairement aux idées reçues, le chiot de grande race n’a pas besoin d’aliments sur-boostés. Au contraire, il faut éviter la croissance trop rapide qui augmenterait le risque d’ostéochondrose ou de dysplasie. Les croquettes “chiot grande race” sont donc moins caloriques mais très denses en protéines de qualité.
  • Ratio calcium/phosphore maîtrisé : le bon équilibre (généralement autour de 1,1 à 1,3 de calcium pour 1 de phosphore) est essentiel pour éviter rachitisme ou croissance anarchique.
  • Prudence sur les suppléments : ne donnez jamais de compléments minéraux ou de vitamines sans avis vétérinaire : cela perturbe l’équilibre de base recherché par les croquettes ou aliments dédiés.

Adultes : l’équilibre entre masse musculaire et protection articulaire


Une fois la taille adulte atteinte, le chien de grande race voit ses besoins se stabiliser, mais pas de façon identique à un chien “standard” :


  • Besoins énergétiques ajustés : en proportion, un grand chien consomme moins de calories par kilo de poids corporel qu’un petit chien, car son métabolisme est plus lent. Un excès calorique expose très vite au surpoids, un facteur aggravant pour le cœur et les articulations.
  • Protéines de haute qualité : pour préserver une masse musculaire robuste, la ration doit apporter des protéines animales digestes et en quantité adaptée (25-28 % selon l’activité et la race).
  • Soutien articulaire : glucosamine, chondroïtine, collagène marin ou extraits de moule verte sont des atouts présents dans des croquettes “senior” ou “spécial grande race”, utiles en prévention dès l’âge adulte.

Oldies : quand le poids et les articulations deviennent primordiaux


À partir de 6-7 ans pour certaines grandes races, le statut “senior” s’impose : la prise de poids, la baisse d’activité et l’usure articulaire se conjuguent souvent. L’alimentation doit alors prévenir les effets du vieillissement :


  • Calorie réduite, plaisir préservé : privilégiez une densité énergétique modérée tout en gardant une forte appétence (ajout d’oméga 3, foie, bouillons naturels…).
  • Antioxydants renforcés : vitamines E, C, polyphénols, pour contrer le stress cellulaire.
  • Fibres et prébiotiques : pour soutenir la flore digestive, qui devient plus fragile avec l’âge.

Sensibilités digestives, cutanées, allergies : adapter la ration sans improviser


Beaucoup de grandes races montrent une sensibilité digestive croissante. Ballonnements, flatulences, selles molles, mais aussi dermatoses (pellicules, démangeaisons) réclament une vigilance accrue :


  • Préférer les protéines hypoallergéniques : agneau, saumon, canard, voire régime monoproteique pour limiter les risques d’allergies ou d’intolérances.
  • Sources glucidiques digestes : riz, patate douce, voire ration “low grain” (faible en céréales), adaptées aux tolérances du chien.
  • Oméga 3 et 6 équilibrés : issus de poissons, huile de colza ou lin, ils agissent sur la peau, le poil et les jonctions articulaires.

Surveillance de l’eau et de la fréquence des repas : ne pas négliger ces détails


Les chiens de grande taille sont beaucoup plus exposés au risque de torsion d’estomac. Quelques règles simples à appliquer :


  • Fractionner les repas : deux à trois repas quotidiens sont recommandés, surtout pour les races à thorax profond. Évitez la gamelle unique “à volonté”.
  • Eau fraîche abondante : l’hydratation évite les soucis urinaires, participe à la digestion et limite la chaleur, particulièrement en été.
  • Repos après repas : laissez le chien au calme au moins 1 heure après avoir mangé pour prévenir tout incident digestif grave.

Quelle alimentation choisir : croquettes, ration ménagère, BARF ?


Le choix dépend du mode de vie, du budget et bien sûr des goûts de votre compagnon. Mais quelques principes s’imposent :


  • Croquettes “spécial grande race” : formulation adaptée en énergie, protéines, calcium, phosphore, supplémentation en chondroprotecteurs : c’est un choix fiable, pratique et conçu pour leur morphologie (taille des croquettes, mastication…).
  • Ration ménagère (faite maison) : possible, mais nécessite un suivi vétérinaire nutritionniste pour éviter carences et excès.
  • BARF ou ration crue : controversée, elle doit absolument être encadrée par un expert. Le risque de déséquilibre ou de bactéries ne doit pas être négligé pour un chien sensible.
  • Alternance croquettes et humide : certains optent pour un “mix feeding” (pâtée de qualité le soir, croquettes le matin) : cela peut stimuler l’appétit et l’hydratation, mais demande un contrôle strict des apports caloriques globaux.

Points de vigilance lors de la transition alimentaire


  1. Transition progressive : changez d’aliment sur 8-10 jours pour limiter troubles digestifs.
  2. Surveillez l’état général : poids, digestibilité, poil, niveau d’énergie sont d’excellents indicateurs de la pertinence du régime choisi.
  3. Consultation vétérinaire biannuelle : indispensable chez les grands chiens pour peser, ausculter et anticiper d’éventuelles adaptations alimentaires.

En résumé : respecter la spécificité du grand chien pour une longue vie active


  • Privilégiez une alimentation adaptée à l’étape de vie et à la race, en évitant l’excès d’apports énergétiques dès la croissance.
  • Soutenez le capital articulaire par des nutriments ciblés et un suivi médical régulier.
  • Adaptez la taille des croquettes, la consistance de l’aliment et la fréquence des repas pour limiter les risques digestifs.
  • N’hésitez pas à consulter la communauté et votre vétérinaire pour soutenir votre chien à chaque âge charnière.

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