Séduits par la pâtée ou fidèles aux croquettes ? Comprendre les préférences félines en alimentation
Du rayon animalerie aux groupes de discussion passionnés, la même question revient : entre alimentation humide et alimentation sèche, qu’est-ce qui fait vraiment vibrer les papilles des chats ? Choix du goût, équilibre nutritionnel, impact sur la santé… En tant que gardien bien intentionné, on veut le meilleur pour son félin, mais la réponse n’est pas toujours aussi simple qu’un « c’est meilleur parce que mon chat y court ». Décryptage utile et terrains d’entente concrets pour trancher, sans bla-bla.
Les principes de l’alimentation sèche : atouts et limites au quotidien
Pratique, économique, facile à conserver : la croquette séduit par sa simplicité logistique. Cette nourriture sèche, déclinée en une multitude de recettes et de textures, a convaincu nombre de vétérinaires et de propriétaires pour ses promesses de ration rationnelle et équilibrée.
- Facile à doser et à conserver – Les croquettes se gardent à température ambiante, aucune obligation de conservation au réfrigérateur et la ration peut rester disponible toute la journée sans risque de détérioration rapide.
- Impact bucco-dentaire – La mastication des croquettes contribue partiellement à limiter la formation de tartre, même si ce n’est pas infaillible.
- Formule complète – Les marques sérieuses proposent des aliments équilibrés, spécifiquement formulés selon l’âge, le mode de vie ou la santé du chat (stérilisé, sénior, etc.).
- Moins d’odeur et plus facile à stocker, même pour de grands foyers multi-chats.
Mais cette alimentation, très concentrée en énergie, présente aussi des inconvénients non négligeables : le taux d’humidité ne dépasse guère 10 % et le chat, buveur peu assidu par nature, risque la déshydratation silencieuse. Les croquettes entraînent aussi parfois une monotonie gustative qui lasse certains félins ou, au contraire, favorise boulimie et surpoids.
Pâtée, émincés ou mousselines : les charmes et réalités de l’humide
Difficile de nier que la nourriture humide déclenche en général une euphorie immédiate chez la majorité des chats : odeur puissante, texture moelleuse, goût intense. Près de 70 % des chats plébiscitent spontanément la pâtée lorsqu’ils ont le choix. Pourquoi ?
- Teneur élevée en eau (généralement 70 à 80 %) – Idéal pour répondre au faible réflexe de soif du chat, héritage de ses ancêtres du désert.
- Appétence supérieure – Les recettes humides, qu’il s’agisse de mousse, de bouchées, d’émincés à la gelée ou en sauce, stimulent l’odorat délicat du chat, qui fonde l’essentiel de son jugement sur la fragrance et la texture.
- Soutien pour chats fragiles – Les vieux chats, malades ou convalescents sollicitent plus volontiers des aliments humides, plus doux et faciles à laper.
- Variété et personnalisation – Il existe une immense diversité de recettes, permettant de varier les plaisirs, de limiter la monotonie alimentaire, d’identifier plus facilement les préférences.
Côté contraintes, la pâtée demande une gestion plus rigoureuse : conservation au frais une fois ouverte, nettoyage de la gamelle pour éviter les mouches et bactéries, coûts par ration plus élevés et, chez les chats goinfres, risques de surconsommation ou d’obésité si la ration n’est pas strictement contrôlée.
Préférences naturelles des chats : ce que révèle le choix spontané
Des études comportementales et des retours d’expérience confirment que la grande majorité des chats domestiques, laissés libres de choisir entre alimentation sèche et humide équilibrées, optent pour l’humide dans plus de la moitié des cas – du moins pour la partie la plus appétente du repas.
- Facteur odeur : L’odeur puissante de la pâtée active l’instinct prédateur. Même un chat élevé aux croquettes montre souvent une véritable curiosité pour l’humide.
- Texture : Les aliments humides rappellent la consistance et l’humidité de proies naturelles. Les chats âgés ou à la dentition fragile les privilégient.
- Température et fraîcheur : Servir la pâtée à température ambiante accroît son attrait. Certains chats boudent même la nourriture froide, trop dure ou ayant séché.
Il existe cependant des irréductibles des croquettes : Familiarisés très jeunes à l’aliment sec, certains félins conservent une préférence marquée, plus par habitude alimentaire et sécurité que par appétence réelle. Notons l’importance capitale de la socialisation alimentaire dès le sevrage : la variété découverte à ce stade forge souvent les choix de l’adulte.
Les profils à besoins particuliers : sénior, stérilisé, chat d’intérieur ou malade
- Chats âgés : Difficultés de mastication, plus grande vulnérabilité à la déshydratation ou à l’insuffisance rénale : l’humide prend alors tout son sens.
- Chats stérilisés ou en surpoids : La densité énergétique élevée des croquettes peut favoriser le surpoids. L’humide permet alors de contrôler la satiété tout en apportant de l’eau.
- Chats à risque urinaire (cystite, calculs) : L’apport d’eau via la pâtée limite les accidents urinaires. Les vétérinaires recommandent souvent l’humide, voire exclusivement.
- Chats très actifs ou sujets à la plaque dentaire : Les croquettes restent intéressantes pour le maintien du muscle masticateur et un minimum de friction sur les dents.
Mélanger croquettes et pâtée : le meilleur des deux mondes ?
Pour bon nombre de foyers et de professionnels, la solution du « bimodal » – alterner ou cumuler sec et humide – s’impose comme l’option la plus réaliste. Cette diversité, si elle est gérée avec rigueur (contrôle des rations), présente des atouts certains :
- Hydratation facilitée, satiété plus rapide (grâce au volume et au goût de la pâtée).
- Bénéfice masticatoire apporté par quelques croquettes.
- Stimulation olfactive et anti-monotonie appréciée par les chats difficiles ou à tendance boudeuse.
- Gestion au quotidien simplifiée : pâtée à l’un des repas, croquettes laissées en libre-service mais en plus faible quantité.
Attention : Additionner librement les deux aliments sans surveillance calorique mène vite à l’excès. Le conseil du vétérinaire ou d’un nutritionniste animalier est indispensable pour ajuster les quantités.
Comment bien choisir et introduire un nouveau type d’aliment ?
- Privilégier la qualité: Que ce soit du sec ou de l’humide, lisez les étiquettes : protéines animales en tête, taux de glucides modérés, peu d’additifs controversés.
- Respecter la transition: Un chat habitué à un seul type d’aliment doit passer progressivement au nouveau pour éviter trouble digestif ou rejet par néophobie.
- Surveiller le comportement: Selles, urines, vitalité, poil… Tout changement doit être observé.
- Servir à température ambiante: Pour maximiser l’appétence, surtout avec les aliments humides.
En résumé : le goût du chat, c’est surtout le choix… et la variété contrôlée
- Pâtée ou croquette : chaque profil de chat a ses affinités et ses besoins physiologiques, qui peuvent évoluer avec l’âge.
- La majorité préfèrent instinctivement la nourriture humide pour sa saveur et sa texture, mais certains adorent la croquette par habitude.
- L’alimentation idéale est individuelle : observer les préférences de son chat, tout en évitant la surmédication « par pur plaisir ». Un chat qui délaisse la pâtée du jour au lendemain doit toujours alerter sur un problème de santé potentiel.
- Le mélange croquettes-pâtée, bien dosé, reste une alternative fiable pour concilier plaisir et santé.
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