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Comprendre les besoins de mastication chez le chien et proposer des alternatives saines

Par Maxime
6 minutes

Pourquoi la mastication est-elle essentielle pour le chien ?


Bien plus qu’une simple activité de loisir ou un réflexe anodin, le besoin de mastiquer répond chez le chien à une véritable nécessité physiologique, comportementale et psychologique. Que votre compagnon soit un chiot en plein développement, un adulte sportif ou un senior paisible, la mastication impacte au quotidien sa santé bucco-dentaire, son équilibre émotionnel et son comportement à la maison.


Mais pourquoi les chiens éprouvent-ils ce besoin souvent irrépressible de mâchonner, ronger, broyer et explorer le monde avec leur bouche ? Mieux comprendre l’origine et les effets de la mastication, c’est aussi mieux choisir les alternatives à lui proposer pour protéger ses dents… et vos chaussures !


Les fondements naturels du besoin de mastication


  • Un comportement hérité du loup : Dans la nature, la « prise alimentaire » implique la déchirure de la peau, des muscles, la rupture des os. La mastication intense permet de dégager la nourriture, d’occuper l’animal de longues heures tout en stimulant son intelligence et sa patience.
  • Défoulement et gestion du stress : La mastication libère des endorphines, hormones du bien-être et de l’apaisement. Un chien qui mastique se calme, s’occupe et décharge ses tensions. Cela peut contribuer à prévenir certains troubles (destructions, aboiements, agitation…)
  • Entretien dentaire vital : L’action mécanique de frotter, croquer et broyer retire naturellement la plaque dentaire, prévient le tartre et les mauvaises odeurs. C’est un geste d’hygiène autant que de plaisir.

Le besoin varie selon l’âge (très élevé chez le chiot en phase de dentition et chez le chien jeune), la race (certains chiens nordiques, terriers ou chiens de chasse ont des instincts de mastication puissants), mais aussi le tempérament individuel et le contexte de vie.


Quels risques si le besoin de mastiquer n’est pas respecté ?


  • Destructions intempestives : Canapé, meubles, chaussures, coussins… un chien privé d’occupation adaptée va chercher une issue. La mastication « incontrôlée » peut provoquer des accidents et des dégâts coûteux.
  • Troubles du comportement : L’ennui et la frustration génèrent de l’anxiété, des aboiements, voire des TOC (léchages excessifs, automutilations…) pouvant impacter durablement le bien-être du chien.
  • Problèmes bucco-dentaires : Sans stimulation régulière, le tartre s’accumule, le risque d’infection (gingivite, déchaussement des dents) augmente et l’haleine se dégrade.

Offrir un choix d’objets à mâcher, variés, sûrs et adaptés, apaise le chien et sécurise votre foyer : c’est une composante clé d’un quotidien harmonieux avec son compagnon.


Repérer les différents profils de masticateurs


  • Le « glouton » : Il détruit tout en peu de temps, sans savourer. Attention, il faut des alternatives solides et non dangereuses s’il avale rapidement ses jouets.
  • L’occupé solitaire : Il mâchonne plus longuement, souvent lors des phases calmes, pour se rassurer.
  • Le masticateur explorateur : Il teste tout, porte à la bouche des objets variés, sans but précis. Prudence aux éléments inadaptés dans l’environnement (plantes, jouets, détritus...)

Déterminer le profil de votre chien oriente vers les alternatives saines qui répondront VRAIMENT à ses attentes.


Les alternatives saines et sûres à proposer : zoom sur les meilleurs choix


1. Les friandises naturelles à mâcher


  • Bois de cerf, de daim ou racines de bruyère : Très durs, riches en minéraux naturels, ils durent longtemps et sont peu odorants. Idéaux pour les chiens destructeurs ou allergiques aux protéines classiques.
  • Peaux séchées (bœuf, agneau, poisson) : Une gamme variée d’épaisseurs et de saveurs, faibles en calories mais riches en protéines et collagène. Utilisées avec modération pour éviter les excès de graisse !
  • Os naturels cru NON cuits (sous supervision vétérinaire) : Offrent une mastication intense et nettoient efficacement les dents, mais attention ! Risques d’éclats et d’occlusion intestinale, à réserver aux chiens expérimentés sous surveillance.

Évitez : os cuits, peaux de buffle à bas prix et bâtonnets à base de colle ou arômes artificiels. Ils présentent des risques de blocage ou de contamination par des substances nocives.


2. Les jouets de mastication durables


  • Kong classique ou extrême : En caoutchouc naturel très résistant, il peut être fourré de croquettes, pâte à lécher ou pâtée. Stimule l’intelligence et prolonge l’occupation en solo.
  • Ropes en corde naturelle tressée : Nettoient les dents de façon mécanique et peuvent servir de jouet interactif pour le jeu avec le maître. Surveillez l’usure et évitez les cordes effilochées.
  • Jouets en nylon ou caoutchouc très dense : Certains modèles texturés sont spécialement pensés pour l’hygiène dentaire. Bien les adapter à la puissance des mâchoires du chien pour éviter bris ou ingestion de morceaux.

3. Alternatives fraîches et alimentaires


  • Légumes croquants (carotte, panais, concombre) : Sans danger, peu caloriques, ils rafraîchissent et occupent bien, surtout en cas de régime ou d’intolérances alimentaires.
  • Glaces à mastiquer maison : Un tapis de léchage ou des cubes glacés garnis de purée de légumes, yaourt nature ou croquettes hydratées s’imposent l’été, pour associer hydratation, plaisir et mastication en douceur.

Quels critères pour bien choisir une alternative à mâcher ?


  • Adaptation à la taille, à la force et à l’âge du chien : Un objet trop petit peut être avalé, trop dur casser une dent de chiot ; ajustez la texture.
  • Sécurité et origine des matériaux : Privilégiez les produits naturels, testés, sans additifs ni substances potentiellement toxiques. Vérifiez l’absence de petits éléments détachables.
  • Durabilité et appétence : L’objectif est de tenir l’occupation sans provoquer une prise de poids ou troubler l’équilibre digestif. Certaines textures, trop dures ou trop molles, seront soit ignorées, soit avalées trop vite.

Si votre chien est sujet aux allergies, pathologies digestives ou usure dentaire avancée, demandez conseil à votre vétérinaire avant toute nouveauté.


Mastication et apprentissage : l’atout « anti ennui » des chiens de compagnie


Une alternative de mastication adaptée s’intègre très bien dans les phases d’éducation :

  • Prévenir la destruction en votre absence : Laisser un Kong garni ou un bois à mâcher lors des départs réduit l’anxiété de séparation.
  • Renforcer les moments calmes : Proposer la mastication uniquement lorsque le chien se pose favorise le retour au calme après le jeu ou la promenade.
  • Augmenter la tolérance à la solitude et aux manipulations : Un chiot qui apprend à patienter avec un objet à mâcher positive la solitude : moins de stress pour lui… et pour vous.

Erreurs fréquentes : ce qu’il faut éviter à tout prix


  • Laisser à disposition des objets dangereux : Restes de repas, jouets cassés, plastiques, tissus, cailloux… tout ce qui peut être avalé ou brisé doit être retiré de l’environnement.
  • Ignorer les faiblesses dentaires ou digestives : Certains chiens âgés, ou porteurs de maladies parodontales, nécessitent des alternatives plus molles ou des formats adaptés afin de ne pas aggraver les lésions.
  • Ne jamais varier les plaisirs : L’habitude engendre parfois la lassitude. Variez les goûts, textures, formats pour stimuler l’intérêt du chien et prévenir la fixation obsessionnelle sur un objet précis.

Quelques conseils pratiques pour instaurer de bonnes habitudes de mastication


  • Introduisez les nouveaux objets et friandises sous surveillance : Observez les réactions du chien, vérifiez qu’il ne tente pas d’avaler de gros morceaux entiers.
  • Proposez la mastication à des horaires bien définis : Pour structurer les temps calmes et apprendre au chien à s’occuper seul, distribuez ses jouets à mâcher lors de vos absences, ou après une activité physique.
  • Nettoyez et remplacez régulièrement les jouets : Usure, fissures ou dépôts alimentaires peuvent transformer un jouet sain en source de microbes ou de risques d’étouffement.
  • Privilégiez l’encouragement : Félicitez votre chien lorsqu’il choisi son jouet ou bâton prévu pour mastiquer, détournant son attention des objets interdits de la maison.

Focus spécial : chiots, seniors et besoins particuliers


Pour le chiot : Lors de la poussée dentaire (2 à 8 mois), la mastication apaise l’inconfort. Privilégiez des jouets souples réfrigérés, des bâtonnets dédiés à la dentition.


Pour le chien senior : L’envie de mâcher persiste mais la santé dentaire faiblit. Optez pour des alternatives molles, « dental sticks » vétérinaires, ou os à mâcher agneau/poisson plus faciles à ronger.


En cas de doutes (dents cassées, saignement de gencives, troubles digestifs), limitez la mastication trop dure et consultez.


En résumé : la mastication, un pilier du bien-être quotidien canin


  • Respecter le besoin de mastiquer, c’est agir à la source : vous offrez à votre chien une source d’équilibre émotionnel, de santé bucco-dentaire et vous canalisez son énergie en positif.
  • Variez et adaptez les alternatives saines : matières naturelles, jouets solides, légumes frais et friandises étudiées constituent autant d’options à tester selon votre compagnon.
  • Faites de la mastication une routine apaisante : ritualisez, surveillez et valorisez cette activité pour éviter les mauvaises habitudes et renforcer votre complicité.

Des astuces, coups de cœur d’objets à mâcher ou questions à poser sur des cas précis ? Partagez vos expériences dans la rubrique Communauté sur bonappetitfr.fr et découvrez de nouvelles idées pour un chien heureux, épanoui… et un intérieur préservé !

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