Santé animale

Comprendre les allergies alimentaires chez les chiens et chats

Par Maxime
5 minutes

Reconnaître les signes d'une intolérance ou d'une allergie alimentaire chez nos compagnons


Nos chiens et chats partagent notre quotidien – et bien souvent nos habitudes alimentaires ! Pourtant, leur organisme peut réagir très différemment au contact de certains aliments. Les allergies alimentaires représentent une cause fréquente de consultations chez le vétérinaire, mais elles restent mal comprises des propriétaires. Entre symptômes digestifs, troubles cutanés ou comportements anormaux, comment repérer une allergie, différencier une véritable réaction immunitaire d’une simple intolérance, et agir concrètement pour soulager son animal ? Voici un guide pour y voir clair sans bla-bla, et retrouver rapidement le bien-être de son compagnon.


Intolérance ou allergie : deux réalités à ne pas confondre


La différence entre une simple intolérance alimentaire et une vraie allergie alimentaire tient à un mécanisme distinct :


  • Intolérance alimentaire : elle résulte d’une incapacité à digérer un ingrédient (parfois un additif, lactose, gluten, etc.), sans déclencher une réaction immunitaire. Elle provoque des troubles digestifs, ballonnements, diarrhées récurrentes, mais rarement d'autres symptômes.
  • Allergie alimentaire : il s’agit d’une réaction anormale du système immunitaire contre une protéine alimentaire (bœuf, poulet, poisson, soja, produits laitiers, etc.), même si la quantité est minime. Cette réaction peut être progressive et persister même avec un ingrédient consommé depuis des années.

Chez les chiens comme chez les chats, ce sont les allergies alimentaires qui posent le plus défis, avec des symptômes souvent trompeurs et une prise en charge spécifique.


Symptômes à surveiller : repérer les signaux d’alerte


La difficulté majeure vient du fait que les allergies alimentaires ne se manifestent pas uniquement par des vomissements ou diarrhées. Leur présentation est très variée :


  • Manifestations cutanées (majoritaires) : démangeaisons chroniques, rougeurs, boutons, croûtes, otites à répétition (surtout chez le chien) et perte de poils localisée (zones de grattage intense). L’eczéma atopique peut masquer une allergie alimentaire.
  • Symptômes digestifs inhabituels : vomissements intermittents, diarrhées, selles molles persistantes, ballonnements, flatulences, perte ou prise de poids anormale. Chez le chat, un refus total de croquettes automatiques ou des vomissements chroniques peuvent être l’alerte.
  • Signe moins spécifiques : fatigue, état anxieux, léchage excessif (des pattes par exemple), comportement rétracté, parfois mauvaise qualité du pelage.

En cas de suspicion, notez bien l’apparition et la fréquence des troubles (jour, heure, type d’aliment donné) afin de cibler les investigations vétérinaires.


Animaux à risque : quels profils sont plus exposés ?


  • Race et génetique : certaines races de chiens (West Highland White Terrier, Bouledogue français, Shar Pei, Labrador) ou chats (Siamois, Bengal) semblent présenter davantage de prédispositions.
  • Antécédents d’allergies : animaux ayant déjà développé une allergie (mites, pollen) sont statistiquement plus à risque vis-à-vis des allergies alimentaires.
  • Sensibilisation précoce : une alimentation très peu variée dans les premières années pourrait accroitre le risque, mais aucune certitude scientifique n’est arrêtée.
  • Chats ou chiens ayant bénéficié d'une alimentation industrielle monodiéte longtemps : ils peuvent développer, à force d’exposition, une allergie à un ingrédient précis (bœuf, blé, lait, soja, poulet...)

Quels sont les aliments incriminés ?


Contrairement aux idées reçues, les allergies alimentaires ne concernent pas que les produits exotiques ou les additifs. Les principaux "allergènes" sont :


  • Bœuf
  • Poulet et volailles
  • Produits laitiers (lait, fromage, yaourt...)
  • Poisson (surtout chez le chat)
  • Œuf
  • Soja
  • Blé et gluten
  • Moins fréquent : maïs, porc, agneau

La présence d’un ingrédient « hypoallergénique » n’exclut pas le risque si l’animal y est sensibilisé, chaque individu réagissant différemment.


Diagnostic : comment procéder pour identifier l’allergie alimentaire ?


Si une allergie alimentaire est suspectée, le diagnostic repose sur l’exclusion :


  1. Éliminer les autres causes : les allergies aux puces, aux acariens, champignons ou infections doivent être traitées ou écartées.
  2. Mise en place d’un régime d'exclusion : sur recommandation vétérinaire, seul un aliment « neuf » (source de protéines et de glucides jamais consommée avant) est proposé pendant 6 à 8 semaines (agneau-patate douce, saumon-riz par exemple). Seule l’eau reste inchangée. Toute friandise, reste de table ou médicament aromatisé est écarté.
  3. Évaluation de la réaction : si les symptômes disparaissent, on réintroduit, un par un, les anciens aliments pour identifier l’allergène responsable.

Des tests sanguins ou cutanés existent mais restent peu fiables pour déterminer les allergies alimentaires chez le chien ou le chat : la preuve formelle reste la réponse marquée au régime d’exclusion.


Solutions alimentaires et conseils pratiques pour le quotidien


  • Opté pour des aliments hydrolysés : Les protéines « hydrolysées » (fragmentées) ne sont plus reconnues par le système immunitaire. De nombreuses marques proposent aujourd’hui des croquettes ou pâtés spécifiques recommandées par les vétérinaires.
  • Recours à la ration ménagère : Pour les cas complexes ou multiallergiques, une alimentation maison élaborée avec un vétérinaire nutritionniste permet de maîtriser tous les ingrédients. Attention à l’équilibrage nutritionnel et à la supplémentation en minéraux et vitamines.
  • Éviction stricte et durable : Un écart unique suffit souvent à relancer les symptômes ! Soyez rigoureux, y compris pour les friandises, suppléments ou restes de table.
  • En cas de doute : échangez vos expériences ou trouvez la croquette ou pâté adaptée via la rubrique Communauté de bonappetitfr.fr où de nombreux adoptants témoignent de leurs réussites (ou galères) et partagent des comparatifs de produits approuvés.

Quelles erreurs éviter ?


  • Changer d’aliment trop fréquemment ou brutalement : cela brouille la lecture des symptômes et déstabilise le transit.
  • Négliger un aliment secondaire (friandises, suppléments, médicaments aromatisés, etc.) qui peut contenir la protéine à l’origine de l’allergie.
  • Supprimer au hasard un aliment sans suivi vétérinaire : le régime d’exclusion mal conduit retarde la découverte de la vraie cause.
  • Oublier la gestion sur le long terme : une fois le diagnostic posé, le maintien du régime évitant l’allergène doit être permanent, même si votre chien ou chat semble « guéri ».

Vivre avec un chien ou un chat allergique : organisation et astuces


  • Lire toutes les étiquettes : Vérifiez la composition détaillée de chaque aliment, ingrédient suspect ou additif pouvant être à l’origine d’une réaction (caséine, arôme de volaille, graisse animale…)
  • Partage d’expériences : Rejoignez une communauté ou forum pour échanger recettes, alternatives prêtes-à-l’emploi, comparatifs de croquettes hypoallergéniques et retours utilisateur (disponible sur bonappetitfr.fr).
  • Faire participer la famille : Expliquez à tous les membres du foyer (et visiteurs) ce qui est interdit. Mieux vaut un biscuit refusé qu’une crise d’allergie !
  • Gardez une liste de secours : En cas de garde, vacance ou pension, fournissez la liste d’aliments proscrits et assurez-vous que les propres croquettes/pâtés sont fournis.
  • Anticipez le vétérinaire : Prévenez le professionnel de santé, surtout lors d’une hospitalisation, d’un traitement ou d’un vaccin.

Tableau pratique : récap’ des signes et solutions


  • Grattage/otite à répétition : pensez alimentation !
  • Vomissement/diarrhée persistante : notez les aliments donnés, enclenchez un régime d’exclusion
  • Diagnostic vétérinaire long à poser : ne baissez pas les bras, la solution existe !
  • Aliments à écarter : bœuf, poulet, lait, œuf, soja, blé, poisson
  • Recettes maison ou croquettes hydrolysées : optez pour l’adapté, jamais l’improvisation
  • Réintroduction unitaire : seul moyen de repérer le vrai coupable

En résumé : vigilance et organisation, la clé pour un animal en pleine forme


Même chez les chiens et chats les plus robustes, une allergie alimentaire peut survenir à tout âge et bouleverser le quotidien. L’écoute des premiers symptômes, la patience dans la procédure d’élimination et l’implication de toute la famille sont vos meilleurs alliés. Privilégiez la qualité des produits, optez pour des solutions testées (croquettes ou patés hydrolysés, rations maison validées), et partagez vos interrogations ou coup de cœur dans la rubrique Communauté de bonappetitfr.fr. Car une bonne alimentation, c’est avant tout la santé retrouvée – pour vous comme pour votre compagnon à poils !

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