Lorsque l'appétit ou le transit déraillent : comprendre la digestion chez nos animaux
Qu'il s'agisse d'un chien, d'un chat, ou même d’un NAC, la santé digestive est au cœur du bien-être animal. Un transit efficace garantit assimilation des nutriments, résistance immunitaire et énergie au quotidien. Pourtant, les troubles digestifs figurent parmi les premiers motifs de visite chez le vétérinaire. Mieux vaut donc apprendre à les reconnaître tôt et à adopter les bons gestes pour préserver la vitalité de nos compagnons.
Quels signaux doivent vous alerter ?
Nos animaux n’expriment pas leur gêne digestive comme les humains. Voici les principaux signes à surveiller :
- Vomissements spontanés ou répétés
- Diarrhée (selles molles, liquides, parfois malodorantes ou contenant du mucus/sang)
- Constipation (absence de selles ou effort de défécation inefficace)
- Ballonnements, ventre dur ou distendu
- Flatulences inhabituellement fréquentes ou nauséabondes
- Perte d’appétit, refus de s’alimenter
- Douleurs abdominales (gémissements, positions inhabituelles, dos voûté)
- Léchage/griffure du ventre, agitation ou apathie
Un trouble digestif aigu se manifeste en quelques heures/jours, alors qu'un souci chronique s’installe sur plusieurs semaines. Dans tous les cas, une modification persistante du comportement alimentaire ou du transit doit vous inciter à réagir.
Les causes les plus fréquentes des troubles digestifs chez le chien et le chat
- Erreurs alimentaires : changements brutaux de croquettes, restes de table, aliments inadaptés
- Ingestion de corps étrangers (jouets, os, végétaux, ficelles)
- Parasites intestinaux (vers ronds, plats, protozoaires)
- Intolérances/allergies alimentaires
- Stress (déménagement, arrivée d’un nouvel animal, voyages)
- Infections bactériennes ou virales (parvovirus, trichomonose chez le chat…)
- Effets secondaires de médicaments
- Affections organiques (pancréatite, insuffisance hépatique, tumeurs…)
Pour les NAC (lapins, cochons d’Inde, furets…) un simple déséquilibre alimentaire ou une litière souillée peut désorganiser le transit, parfois avec des conséquences graves.
Zoom sur les troubles digestifs les plus courants
La diarrhée
Selles liquides fréquentes, parfois accompagnées de fièvre ou de déshydratation, la diarrhée peut être spontanée ou épisodique. Principales causes : changements alimentaires, infections, parasites, intoxications ou réaction au stress. Chez le chiot/chaton, la surveillance doit être renforcée : la déshydratation peut survenir très vite.
Les vomissements
S’ils sont isolés, après un repas trop rapide ou un aliment inhabituel, ils ne sont pas forcément inquiétants. Mais au-delà de 2-3 épisodes ou accompagnés d’autres symptômes (abattement, sang, gonflement), il s’agit d’une urgence vétérinaire potentielle.
La constipation
Absence de selles depuis 48h, effort vain en litière ou dehors, selles dures : la constipation frappe principalement les chats sédentaires ou les animaux âgés. Elle peut révéler une déshydratation, une douleur articulaire, un manque de fibres ou un début d’occlusion.
Ballonnements et flatulences
Plutôt fréquents chez le chien à museau court (bouledogue, carlin…), ils peuvent gêner fortement votre animal et révéler un problème d’alimentation, d’ingestion d’air ou de parasites. Chez le lapin, un ventre ballonné est une urgence vitale.
Premiers gestes à adopter face à un trouble digestif léger
- Mettez l’animal à la diète solide pendant 12 à 24h chez le chien/chat adulte (sauf jeunes, seniors ou NAC - à adapter)
- Laissez de l’eau fraîche à disposition et vérifiez qu’il boit bien
- Supprimez tout nouvel aliment ou friandise jusqu’à stabilisation
- Observez les selles et vomissements : fréquence, aspect, odeur
- Surveillez son état général : s’il reste vif, mange et boit, il n’y a généralement pas d’urgence
Attention : ne donnez jamais de médicament humain à un animal sans l'avis de votre vétérinaire, même "naturel". Les paracétamols, antidiarrhéiques classiques ou huiles essentielles peuvent être toxiques ou aggraver les symptômes !
Quand consulter sans attendre ? Les urgences digestives
- Vomissements répétés (+ de 3 en 24h), contenant du sang ou aspect "marc de café"
- Diarrhée persistante (>24h) chez un jeune, un vieux ou un animal affaibli
- Abattement soudain, refus total de s’alimenter ou boire
- Présence de sang dans les selles ou les urines
- Gonflement rapide du ventre, difficultés respiratoires
- Ingestion suspecte (toxique, corps étranger…)
- Douleur intense (gémissements, cris, tremblements, prostration)
Dans ces cas, il faut joindre d’urgence le vétérinaire : des soins tardifs peuvent mettre la vie de votre animal en jeu (déshydratation aiguë, occlusion, torsion d’estomac, intoxication…).
Conseils d’alimentation pour prévenir les troubles digestifs
- Adaptez l’alimentation à l’espèce et à l’âge (croquettes ou pâtées de qualité, fibres pour NAC, éviter lait/laitages chez le chat adulte…)
- Faites toute transition alimentaire sur au minimum 7 jours (mélange progressif de l'ancien et du nouveau pour habituer la flore intestinale)
- Évitez les restes de table et les aliments gras, sucrés ou épicés
- Vermifugez votre animal 2 à 4 fois par an selon l’exposition et le mode de vie
- Assurez l’hygiène des gamelles (lavage quotidien, pas de gamelle laissée dehors trop longtemps)
- Augmentez l’apport en fibres si tendance à la constipation (légumes cuits adaptés chez le chien, foin à volonté pour les lagomorphes)
- Favorisez une alimentation fractionnée (2-3 repas/jour) pour limiter les excès et la gloutonnerie
Attention aux erreurs classiques : soyez malin !
- Ne masquez pas une diarrhée chronique par une "pâte spéciale" sans en chercher la cause
- Ne changez jamais brutalement d’alimentation après une crise
- N’appliquez pas de jeûne strict aux NAC : cela peut être fatal très rapidement
- Ne forcez jamais à manger un animal malade ; privilégiez l'eau, puis proposez de petites quantités d’aliment très digeste (poulet/riz, croquettes gastro sur prescription vétérinaire)
- Ne donnez pas d’os cuits ou friandises grasses pour "ouvrir l’appétit"
Digestif et bien-être : l’intérêt des probiotiques et compléments naturels?
En période de fragilité (après une gastro, un traitement antibiotique...), certains probiotiques vétérinaires ou compléments à base de levures, prébiotiques ou argiles minérales peuvent soutenir la flore intestinale. Leur utilisation doit se faire sur conseil vétérinaire et en complément, jamais en substitution à un traitement de fond.
Spécificités : chiens vs chats vs NAC
- Chez le chien : la sensibilité digestive diffère selon la race – les grandes races sont à haut risque de torsion d’estomac (fractionner impérativement, éviter le sport après repas).
- Chez le chat : les boules de poils, le stress (déménagement, nouveaux animaux) et les allergies alimentaires sont fréquents. Certains chats sont particulièrement sujets aux intolérances à certains ingrédients (gluten, lactose, colorants…)
- Chez les NAC : une baisse brutale d’appétit ou une absence de crottes est une urgence ; l’arrêt du transit peut déclencher une stase digestive mortelle. Consultez au moindre doute.
En conclusion : mieux vaut prévenir que guérir – et agir vite au moindre doute !
- Soyez attentif aux selles, à l’appétit, à la vitalité de votre animal.
- Agissez dès les premiers signes ; surveillez l’évolution sur 24h.
- Ne tardez jamais à consulter en cas d’aggravation, de jeune animal, de comportement étrange ou de sang dans les selles/vomissements.
- Adoptez une alimentation et une hygiène adaptées à l’espèce, l’âge et l’activité de votre animal.
- Partagez vos expériences et posez vos questions dans la rubrique Communauté sur bonappetitfr.fr : la prévention, c’est surtout l’échange et la vigilance collective !